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Une vie nouvelle: 1ère PARTIE – CORRESPONDANCES 2

Vendredi 13h00

Bien Cher Jean-Jacques,

J’ai reçu ta lettre ce matin et je profite d’un moment d’accalmie à mon bureau pour te répondre par mail. Ainsi tu auras mon point de vue avant de partir retrouver tes trois enfants dimanche après-midi.

Tu as eu 37 ans le mois dernier, et le moins que l’on puisse dire, c’est que tu as déjà été bien éprouvé par la vie. J’ai admiré ton courage lors de ces funérailles, mais te connaissant, je sais que c’est plus la rage qui t’a aidé à tenir le coup qu’autre chose. Cette colère provoquée par l’  « étranger », comme tu l’appelles, n’est pas saine et va te ronger comme le cancer qui a rongé Maman  après la mort de Papa.

Jean-Jacques, Nouvelle France, le parti dans lequel tu milites met en avant des idées et des doctrines que Marie-Lyse, on le sait tous dans la famille,  refusait au point que cela a engendré votre séparation. Tu sais que moi-même j’y suis un peu hostile, car je trouve qu’ils vont trop loin dans  la haine des « non-Français », surtout au moment ou l’Europe devient une entité plus importante que la France. Cela ne te fera pas de bien en ce moment de t’accrocher à cela.

Souviens-toi que, malgré tout, Marie-Lyse est responsable à 100 % de son accident. Elle rentrait d’une garde trop longue à l’Hôpital comme beaucoup de médecins « urgentistes » et s’est apparemment assoupie au volant. Mais, mon cher Jean-Jacques, tout ceci est arrivé et, quoiqu’il en soit, on ne peut revenir là dessus. Il faut que tu prennes le temps nécessaire pour faire ton deuil et construire ton avenir avec Nicolas, Cécile et le petit David. Je sais c’est très facile à dire… Mais pour eux il le faut et je te prmets que je t’aiderai autant que faire se peut…

Nicolas, avec son côté artistique, est en même temps très mûr pour bientôt treize ans. Il t’en voudra pendant un temps certain, car il te rend responsable du départ de Marie-Lyse à Bordeaux, et donc par-là même de cet accident.  Il te faudra beaucoup de patience et d’aide extérieure pour panser cette blessure. Les vacances ne seront pas de trop, loin s’en faut. S’il reste des semaines sans te parler, c’est dans la norme des choses. Toi, par contre, parle-lui et chaque fois qu’il l’accepte manifeste-lui un maximum d’affection. Attends-toi cependant à ce qu’il la refuse pendant plusieurs mois…

Pour Cécile, qui vient d’avoir dix ans, elle ne voit heureusement pas les choses de la même manière. Marie-Lyse, avec qui je parlais souvent au téléphone depuis qu’elle avait décidé de revenir, n’avait, à aucune reprise devant les enfants, fait ressortir cette séparation comme telle. Ainsi, Cécile se faisait sa petite histoire dans sa tête, certaine que de toutes façons vous alliez vous retrouver ensembles très vite. A présent ta belle-mère la soutient remarquablement  avec ses convictions religieuses… Mais, là je te rejoins : Dieu existe-t-Il vraiment quand on pense à tous nos malheurs ! Nos parents, ta femme, un mari qui m’a abandonnée avec deux enfants voilà cinq ans… Mais çà c’est une autre histoire.

Pour ton petit David, c’est encore différent. A trois ans, on ne réalise pas encore la mort. Donc ce qui lui manque c’est lla présence de sa Maman. Tout le reste lui passe par-dessus. Il a besoin qu’on lui redonne sa Maman. Avec le temps, il recherchera une maman de substitution.  Tes enfants auront besoin d’une maman. C’est là que résidera le problème majeur des mois à venir. Je t’aiderai dans la mesure de mes possibilités, mais c’est vrai que mon travail me prend beaucoup de temps et que j’ai déjà mes deux enfants. Mais je ne vais pas m’en plaindre car avec ma collègue architecte nous avons mis plus de dix ans à percer. (Heureusement qu’avec ce que nous ont laissé nos parents, nous étions à l’abri du besoin, mais quand on aime son métier, on a envie d’y arriver ! ! !)

Quoiqu’il en soit, tu peux compter sur moi dans la mesure, bien sûr, de mes possibilités. Je suis bien consciente que tu passes et vas passer encore par des moments extrêmement difficiles  et que nous devons tous t’aider, comme d’ailleurs tu avais été toi-même tellement réconfortant dans mon divorce… (Papa et Maman ne s’y étaient pas trompés en déclarant que ce mariage ne pouvait pas marcher, heureusement qu’il n’ont pas vu la fin de cette histoire !)

Bon. Je vais te laisser car j’ai un rendez-vous qui arrive.

Je t’embrasse et t’appellerai dimanche vers 21 heures.

Marie-Do

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