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Une vie nouvelle: 1ère PARTIE – CORRESPONDANCES 3

Vendredi 22h00

Merci pour ton message qui prouve que ma grande sœur est toujours là quand j’ai besoin d’elle.  Je suis passé au siège local de Nouvelle France. Les camarades n’étaient pas tous là, mais ce qui y étaient ont été d’un profond réconfort. Quelque part nous formons une famille. L’un d’entre eux m’a tout simplement proposé son appartement à St Lary pour août,  tandis qu’un autre nous a invités sur son bateau.

Il y sera pendant quinze jours avec sa femme qui est adorable avec les enfants. Elle était professeur de lettres (je crois) jusqu’à l’an dernier, c’est donc une jeune retraitée.  Ils nous attendent dès la fin de la semaine prochaine à Biarritz pour une semaine. Comme tout marche bien à la boîte, Christophe m’a suggéré de prendre les deux mois d’été pour me changer les idées, mais surtout pour essayer de construire un avenir avec les enfants. Françoise, ma belle-mère m’a appelé hier au soir pour me dire qu’elle souhaitait absolument que nous passions du temps à Libourne fin juillet car elle ne veut pas qu’il y ait de rupture entre nous malgré ce drame… C’est vraiment une femme remarquable. Elle est l’exemple type d’une personne de religion…

Bon, j’attends ton coup de fil dimanche. Nous serons de retour vers 19H30. Et juste en passant, toutes ces marques d’affection de ma sœur et de mes amis m’ont redonné l’envie de vivre, ne serait-ce que pour mes enfants.

Je t’embrasse. A dimanche.

Jean-Jacques

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Lundi 7h30

Cher Jean-Jacques,

Je suis arrivée assez tôt au bureau ce matin car j’ai emmené les enfants au train pour qu’ils rejoignent leur père pour juillet au-dessus de Lyon. Puisque vous partez  samedi prochain, je n’aurai pas le temps de venir faire un saut sur Toulouse, à  « La Bougainvillée[1] » d’ici là. On se verra alors dans 10 jours à ton retour de mer avant que tu ne partes pour Libourne puisque, de mon côté, je ne pars en Irlande qu’en août.

Je t’ai trouvé très fort hier soir au téléphone. Par contre, comme je l’ai dit cela va être très dur pour Nicolas qui veut te faire porter la responsabilité de cette catastrophe. Il m’a dit : « tu sais, Marraine, si Maman ne s’était  pas mise en colère contre Papa l’été dernier on n’en serait pas là aujourd’hui ! Pourquoi est-ce qu’il fallait que Papa nous gonfle avec sa politique ! »

Bien sûr, c’est Marie-Lyse qui s’est fâchée et qui est partie, mais pour lui, aujourd’hui il lui faut un coupable… Et tu es tout trouvé…

Je te dis cela juste pour que dans la mesure du possible tu puisses  éviter tout sujet de discorde, et surtout tout sujet politique devant ton grand bonhomme ! Avec le temps, il comprendra que l’accident est dû au hasard  et à rien d’autre, et que cela aurait pu être la même chose alors que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes…

En tout cas, profitez bien de ce temps en mer pour reconstruire quelque chose de nouveau et  pour vous changer les idées. Bisous,

Marie-Do


[1] Diminutif pour : « La maison du bougainvillée ».

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